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Scénario de réponse

Réalisation de questionnaires :

 

Suite à l'état des lieux des différents types de médiations utilisées à la Comédie de Caen, j'ai souhaité faire un questionnaire afin d'analyser l'impact et la satisfaction qu'elles peuvent avoir sur le jeune public. 

 

Afin de réaliser un questionnaire j'ai tout d'abord cherché par quelle étape transitoire il fallait que je passe pour construire un questionnaire. C'est en passant par cette étape de réflexion que j'ai donc décidé de faire trois questionnaires différents afin de pouvoir évaluer le rôle des médiations mises en place durant une scolarité. 

 

 

Pour réaliser ce questionnaire je suis passée par trois étapes :

1) Le cadrage

J'ai d'abord ciblé à qui je destinerai ce questionnaire : le jeune public.

Puis j'ai établi l'objet de l'enquête, qui est de savoir comment sont perçus les outils de médiation de la Comédie de Caen mis en place et s’ils remplissent leurs tâches.

Et enfin j'ai défini l'échantillon, pour ma part j'ai fait le choix de prendre des classes de différents niveaux scolaires pour pouvoir voir la répercussion de ces outils durant toute une scolarité. 

 

2) L'élaboration du questionnaire

Cela n’a pas été une tâche aisée ; il m'a fallu faire de nombreux essais pour voir lequel serait le mieux adapté au niveau scolaire visé. Car il y a différents types de questionnaires :

- Ouvert :

La personne interrogée y répond librement en utilisant ses propres mots, les réponses sont spontanées et approfondies sur tous les sujets. Par contre, le dépouillement est très difficile à mettre en œuvre, car les réponses peuvent être très variées. 

 

- Quantitatif : 

Ce sont des questions qui demandent une réponse exprimée sous la forme d’une valeur numérique. Ce qui est intéressant, c’est qu’il est possible à partir de chiffres fournis de faire une moyenne, mais ce résultat reste insuffisant. 

 

- Fermé :

La personne interrogée répond en choisissant parmi les questions qui lui sont soumises. On distingue 4 types de questions fermées :

- La question fermée à choix exclusif binaire : la réponse est simple, à condition que la question ne soit pas trop complexe. 

- La question fermée à choix multiples : c’est une question qui permet plusieurs choix pour l’enquête, ce qui est facile à dépouiller. En revanche, c’est une question qui a tendance à orienter la réponse de la personne interrogée. 

- La question fermée avec classement hiérarchique : il s’agit de classer par ordre d’importance les différents critères. L’information est ainsi plus riche mais les réponses ont dû mal à être classées au-delà de 5 ou 6 critères. 

- La question fermée avec échelle d’attitudes : il s’agit de questions qui permettent à la  personne interrogée de donner un avis précis. L’avantage de ce genre de questions c’est  qu’elles permettent la mesure des attitudes, mais en revanche elles n’autorisent pas les calculs. 

 

Pour mes questionnaires j'ai fait le choix des questionnaires fermés à choix multiples et pour les questionnaires à visée des scolaires primaires j'ai utilisé des échelles d'attitudes visuelles sous forme de smileys afin de les rendre plus ludiques et plus faciles à comprendre. 

 

- Il reste encore un aspect de la question à définir, c'est le type de question en fonction de l’information à recueillir. On a le choix entre les types de questions suivantes: 

-Le type qualitatif 

Les questions qualitatives sont les plus courantes dans les enquêtes. On propose une liste de réponses et la personne interrogée doit en choisir une ou plusieurs. Cette notion de réponse unique ou multiple doit d’ailleurs être précisée dans le questionnaire, pour éviter toute ambiguïté. Ces questions qualitatives sont faciles à traiter. L’utilisateur obtient en résultat des tableaux de répartition simples ou croisés des répondants sur les différentes réponses proposées. Toutefois, ce type de questions exige d’avoir prévu à l’avance toutes les réponses possibles à la question. 

 

- Les questions numériques attendent une réponse chiffrée

Il peut s’agir d’une quantité, d’un âge, d’un prix, d’une note... Il est indispensable, pour obtenir une réponse valable, de bien indiquer l’unité attendue et, lorsqu’il s’agit d’une note, le sens retenu (1 pouvant être la meilleure note ou la moins bonne). 

Mais il faut se demander si la personne interrogée pourrait ou voudrait bien donner une valeur précise à cette question. S’il s’agit d’une note, ce sera sans doute le cas. En revanche, pour des questions comme l’âge, le revenu ou la fréquence d’un comportement, il est préférable de proposer des tranches. Il s’agira dans ce cas d’une question qualitative et non plus numérique. 

 

- Le type texte 

Les questions de type texte correspondent aux questions complètement ouvertes, qui proposent au répondant de répondre librement à la question, par une ou plusieurs phrases. Ces questions sont très souvent employées par les utilisateurs occasionnels d’enquêtes, qui pensent ainsi capter plus d’éléments en laissant la liberté complète de réponse aux personnes interrogées. Or on s’aperçoit vite, à l’usage, que des questions fermées bien posées apportent beaucoup plus d’éléments exploitables que ces questions ouvertes. Il est donc conseillé d’en faire un usage modéré, en les réservant notamment à un commentaire libre en fin de questionnaire. 

 

J'ai choisi de poser des questions de type qualitatif pour faciliter le traitement des questionnaires  et en tirer une analyse. 

 

3) La diffusion des enquêtes

Pour cette troisième étape j'ai décidé de faire appel à des professeurs en leur demandant s’ils accepteraient de faire remplir ce questionnaire à leur classe durant leur heure de cours. 

C'est grâce aux relations de Virginie Pencole avec le milieu éducatif que j'ai pu diffuser les questionnaires mais aussi choisir le public, car je souhaitais avoir un panel d'enfants issus de différents milieux sociaux. 

 

 

Au total j'ai réalisé trois questionnaires différents en fonction des classes visées, car il est important que le questionnaire soit le plus clair possible et il serait inapproprié de donner le même questionnaire à des primaires et à des lycéens ou des collégiens. J'ai fait aussi une petite distinction dans le questionnaire lycéen puisqu'il est ciblé sur une représentation précise, En Attendant Godot de Samuel Becket, dans une mise en scène de Jean-Lambert Wild, Lorenzo Malaguerra et Marcel Bozonnet. J'ai fait ce choix pour les raisons suivantes : j'ai pu suivre l'avant / pendant / après représentation avec les lycéens et ainsi pu analyser leur comportement. 

 

Veuillez cliquer sur les liens suivants  pour accéder aux questionnaires :

- Questionnaire  à destination des primaires

- Questionnaire à destination des collégiens

- Questionnaire à destination des lycéens

 

Suite à la diffusion et à la réception, j'ai entrepris le dépouillement des questionnaires afin de procéder à leur analyse. J'ai réalisé des tableaux où j'ai pu traiter les questions de manière à pouvoir avoir des chiffres en pourcentage, qui m'on permis de créer des graphiques qui font ressortir les différents éléments forts que l'on peut tirer du tableau.

 

Veuillez cliquer sur les liens suivants pour accéder aux tableaux de données et aux graphiques :

- Analyse du questionnaire des primaires et graphiques

- Analyse du questionnaire des collégiens et graphiques

- Analyse du questionnaire des lycéens et graphiques

 

Suite à l’analyse des questionnaires j’ai pu relever que la majorité des élèves ont découvert le théâtre grâce à l’école et seulement une petite majorité dans le cadre familial. De là on peut dire que c’est par l’éducation scolaire qu’ils ont eu accès au théâtre et à l’apprentissage de ses codes. En effet pour la plupart des enfants c’est grâce à l’école qu’ils ont accès au monde de la culture qui est enrichissante dans leur développement puisqu’elle permet de travailler la sensibilité, le sens de l’observation, ainsi que leur esprit critique. Le théâtre permet aussi l’éducation du regard par le développement de l’écoute, de l’observation, de la compréhension, de l’intelligence émotionnelle voire métaphysique. C’est aussi une manière de se familiariser avec les formes culturelles, de développer un point de vue personnel et de construire une réflexion sur le sens de la vie. 

Voici ce que j’ai pu relever en analysant les questionnaires.

 

 

Médiation directe

 

Tout d’abord, voici ce que l’on peut retirer des médiations directes proposées par la Comédie de Caen aux structures scolaires :

  • Les rencontres avec les artistes : médiateur-artistes

Ces moments de rencontre semblent un bon moyen de médiation selon l’analyse des questionnaires. Ce sont des moments enrichissants de découverte qui est un bon intermédiaire à l’éducation culturelle. Les rencontres semblent être une bonne manière de passer outre la barrière qu’il peut y avoir entre les artistes, le monde de la culture et les élèves. 

 

  • La visite du théâtre : médiateur-responsable des publics

Selon l’analyse des graphiques et des pourcentages que j’ai pu relever, on peut voir qu’à peine plus de la moitié des élèves trouve pertinente la visite du théâtre. Ce qui montre que la médiation n’est pas très adaptée à ce type de public et qu’un changement de médiation lors de la visite du théâtre serait à envisager. 

 

  • Les répétitions ouvertes : médiateur-artistes

On peut remarquer que ce type de médiation directe semble être une bonne ouverture au monde du théâtre. Elle permet de découvrir l’envers du décor, comment on élabore une pièce, le travail des acteurs, de la scénographie, du metteur en scène. C’est une manière de lever la barrière entre le monde artistique et le monde du public. 

 

 

Médiation indirecte

 

En ce qui concerne les dossiers pédagogiques (qui sont l’autre forme de médiation, indirecte cette fois-ci) mis à disposition des enseignants, on peut relever en analysant les questionnaires qu’ils sont très utilisés par les enseignants. Dans ce cadre ce sont les enseignants qui endossent le rôle de médiateurs mais grâce à des outils de la Comédie de Caen. Le travail en amont d’une représentation semble important à la compréhension  de l’élève car les codes du théâtre ne sont pas innés ; il faut passer par une phase d’apprentissage que ce soit sur l’histoire du théâtre ou son vocabulaire spécifique qui permet aux élèves de construire leur propre culture. En effet il paraît important de donner aux élèves toutes les notions et tous les repères nécessaires à la naissance et au développement de leur sens critique et à l’épanouissement de leur plaisir d’être spectateurs. En assistant à des spectacles, en confrontant des œuvres par opposition, rapprochement ou comparaison en classe, l’élève peut aussi se construire des repères tant sur le plan de la scénographie que par rapport au jeu des acteurs. On se rend compte que ce travail est effectué dans les différentes classes ayant répondu à ce questionnaire. Un des modes d’apprentissage que l’on retrouve au collège comme au lycée est le passage de la lecture de la pièce avant la représentation. Je trouve qu’il est pertinent de lire la pièce avant car en connaissant déjà l’histoire l’élève peut être plus attentif à d’autres aspects de la pièce. En effet il aura plus de temps pour analyser l’aspect scénographique, les jeux d’acteurs, mais aussi pour percevoir, si c’est le cas, la manière dont le metteur en scène à pu adapter la pièce. J’ai pu observer aussi que la manière de travailler sur les pièces est différente au lycée car elle est plus approfondie. En effet on constate que d’autres documents sont utilisés en complément des dossiers pédagogiques mis à disposition par la Comédie de Caen, comme la lecture de critique littéraire ou théâtrale, de biographies mais aussi des comparaisons avec d’autres œuvres artistiques. 

Ce qui est intéressant aussi à relever, c’est que pour la plupart des classes interrogées il y a souvent un travail après la représentation. Ce moment d’échange est très riche par les critiques positives ou négatives des enfants, des interrogations qu’ils ont pu avoir. Leur esprit critique a été mis en éveil. Et ce qui est pertinent dans ce qu’a mis en place la Comédie de Caen, c’est la rencontre avec les artistes suite aux représentations, qui permet de répondre aux différentes interrogations des élèves. 

 

En plus des questionnaires, j’ai participé aux différentes médiations afin de pouvoir les analyser et pouvoir proposer des solutions qui seraient plus adaptées aux élèves. 

Tout d’abord le bilan des médiations directes :

  • La rencontre avec des artistes :

En assistant à plusieurs rencontres j’ai pu noter que ce type de médiation pourrait être plus poussé et plus enrichissant pour les élèves si en amont les élèves avec leur professeur préparaient des questions. Mais cette rencontre ne doit pas être préparée seulement par les élèves mais aussi par les artistes. Même s’il semble évident que la médiation théâtrale, en tant que lien vers le public, doit être un désir profond des artistes. D’abord parce que ce sont les artistes eux-mêmes qui prennent en charge la médiation, et de ce fait ils doivent être préparés à des méthodes de transmission, des méthodes pédagogiques de rapport au public. Si certains artistes paraissent naturellement doués dans ce domaine, il est certain que la transmission n’est pas une donné ni un devoir professionnel pour tous. Parce que sans désir clair et affiché de la part de l’artiste, la médiation théâtrale a toutes les chances de rater sa cible : on ne convainc pas les gens si on n’a rien à leur dire. Donc un travail de la part des élèves et des artistes est à concevoir en amont des rencontres. 

 

  • La visite du théâtre :

En participant à une visite du théâtre, j’ai pu voir que cette médiation doit être travaillée car il me semble que faire découvrir le théâtre, comment il est construit et les différents corps de métiers qui le constituent, est judicieux dans l’éducation de l’élève car on ne penserait pas à trouver certains métiers dans un théâtre. La médiation qui est proposée est explicative : il n’y a pas assez d’interaction entre le médiateur et son public. 

Voici quelques idées de médiation qui pourraient être mis en place :

- un jeu de question/réponse

- jeu de devinettes, rébus

- faire une médiation à partir d’un plan du théâtre, en replaçant le nom des différents lieux qui composent le théâtre

- pour les petits leur demander de dessiner le théâtre afin de faire marcher leur mémoire

 

  • Les répétitions ouvertes :

Cette médiation est pertinente selon les chiffres que l’on peut relever en observant les questionnaires. On peut voir que  les répétitions permettent de découvrir un autre aspect du théâtre en observant le travail des acteurs, l’envers du décor, la magie du spectacle, qu’il y a énormément de travail de scénographie, des acteurs, metteur en scène, costumier, décorateur…

C’est une autre manière de comprendre l’univers des artistes. 

 

Pour finir ce bilan, voici mon analyse sur la médiation indirecte mis en place par la Comédie de Caen en mettant à disposition des dossiers pédagogiques pour chaque pièce de théâtre vue par les élèves. Les dossiers semblent être très utiles aux enseignants mais peut-être que la Comédie pourrait s’approprier ces dossiers en proposant des ateliers, des jeux de mise en scène pouvant être réalisés par les professeurs en classe avant ou après la représentation.

Une autre proposition qui pourrait être mise en place à la suite des représentations, c’est de donner des fiches de vocabulaire en rapport avec la pièce mais aussi des vignettes dessinées que pourraient collecter les élèves tout au long de leur scolarité, retraçant leur parcours de jeunes spectateurs et qui formeraient une BD du petit spectateur. 

 

Pour conclure sur cette analyse des médiations mis en place par la Comédie de Caen, qui met en évidence l'importance de faire un travail en amont et en aval de la représentation, et qu’une préparation soit réalisée avant la rencontre avec les artistes. Le rôle de l'artiste comme médiateur nous montre que ce n’est pas toujours la personne appropriée car il n’est pas forcément préparé à des méthodes de transmission ou des méthodes pédagogiques de rapport avec le public.  Et je dirais, pour finir que la découverte du spectacle vivant mérite un apprentissage pour permettre aux enfants d’accéder progressivement aux codes de la représentation théâtrale.

 

 

 

 

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